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Retour (Restauration?) de la Royauté Traditionnelle à Bê-Akrika

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Le Premier Ministre bê-afrikain SE Simplice Mathieu Sarandji à la concertation nationale des chefs traditionnels

Le vendredi 16 décembre s’est tenue à l’hôtel Ledger Plazza de Bangui une concertation rassemblant pour la première fois, depuis l’arrivée des colons, un grand nombre de chefs, de sultans ainsi que les chefs de terre. L’objectif visé par cette rencontre inédite était de réfléchir à la création d’un cadre juridique viable, pérenne en vue de la restauration de l’autorité de l’Etat à travers la réhabilitation des Rois traditionnels bê-afrikains.

Cette initiative a ravi et comblé de joie Sa Majesté Ibraïm Senoussi, Sultan de Ndélé (dans la Bamingui Bagoran) comme nous pouvons le lire dans sa déclaration à la presse locale (RJDH) : “c’est un sentiment de satisfaction pour nous aujourd’hui car depuis un certain temps, la chefferie traditionnelle n’existait pas, ils n’avaient pas de pouvoir. Nos pouvoirs étaient dans la rue, chacun est libre de faire d’eux ce qu’il veut. Aujourd’hui (…) le gouvernement a voulu à ce que les chefs des villages retrouvent leur autorité, ma joie est vraiment infinie“.

Réfléchissant aux meilleures solutions à apporter à la situation chaotique bê-afrikaine, le Premier Ministre bê-afrikain, Mathieu Simplice Sarandji, chef du gouvernement, reconnait que ” toutes les solutions importées, n’ont pas servi jusqu’au jour d’aujourd’hui. Les chefs traditionnels existaient jadis bien avant la colonisation, finalement tout a été chamboulé, remis en cause. Maintenant nous avons pris conscience, qu’il faudrait restituer, ou restaurer l’autorité de nos chefs traditionnels (…)“.

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz le Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz

La Géographie du Sultanat de Zaria-Shabazz

La Géographie du Sultanat de Zaria-Shabazz

Puisque nous avons beaucoup insisté sur le volet historique de la Maison Royale Zaria-Shabazz depuis son ancestral terre nilotique jusqu’à aujourd’hui, il nous fallait dans le même temps équilibrer les données diffusées, en brossant, ne serait-ce que sommairement, un tableau de la géographie zariate-shabazz.

Comme il nous a été permis de le signaler antérieurement, la Maison Royale Zaria-Shabazz est originaire de la Nubie (Soudan actuel) puisque la mémoire collective nous rappelle que nos devanciers et ancêtres ont remonté le cours du Nil jusqu’à s’installer durablement dans le sud-ouest de la Nubie, précisément tout le long du Bahr al-Ghazal, et ce jusqu’à la fin du 18ème siècle. De ces origines nubiennes, reste encore dans la juridiction du Sultanat Zaria-Shabazz le Syaba (Marquisat) de Yam que les organisations dites internationales qualifient aujourd’hui de « terre vierge ».

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Figure 1 Territoire austral que constitue l’Amirat (Principauté) de la Nouvelle-Dongola, partie intégrante du Sulatanat Zaria-Shabazz

Avec la Restauration de la Maison Royale Zaria-Shabazz dans ses droits inaliénables de souveraineté, de gouvernement, de diplomatie et de territoires et aussi avec l’adoption du Géo-Panafricanisme d’Expansion (GPE) comme Doctrine de Politique Étrangère (DPE) du Cabinet Magistral Zaria-Shabazz, la géographie du Sultanat Zaria-Shabazz été augmentée de possessions australes avec l’Amirat (Principauté) de la Nouvelle-Dongola, le territoire le plus septentrional du Sultanat de Zaria-Shabazz. Pour l’exploitation, la gestion et la mise en valeur des ressources de l’Amirat (Principauté) de la Nouvelle-Dongola, le Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz, Sa Majesté Magistrale le Sekhem-Bawantua Tahéruka Shabazz, a créé l’Organisation Maure des Territoires de la Nouvelle-Dongola (OMTND) placée sous l’autorité d’un Commissaire-Général nommé par le Sultan de Zaria-Shabazz lui-même.

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Figure 2 Métropole du Sultanat de Zaria-Shabazz depuis la Restauration du Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

Le cœur de la géographie de jure du Sultanat Zaria-Shabazz étant concentré sur les historiques terres d’influence du clan Yakoro des Mandya-Gbokodé dont descend par lignage direct la Maison Royale Zaria-Shabazz. Inclus dans cet ensemble homogène l’exclave qu’est le Nagarat (Comté) d’Al-Sabara qui était à l’origine une terre des « Alis » avant que notre ancêtre le Mokonzi Wananga s’en empare devenant dès lors leur nouveau Mokonzi avec la fondation de nombreux villages dont celui de Kulé-Mandya dont la dernière Mokonzi (notre grand-tante) vient de transiter dans l’autre monde (paix à son âme). Le Nagarat (Comté) d’Al-Sabara est une seigneurie exclusive de Son Altesse Royale, la Könutenta du Sultanat de Zaria-Shabazz. C’est sur ce territoire que les premières activités économiques et culturelles de la Maison Royale Zaria-Shabazz ont démarré depuis le retour du Chef de la Dynastie sur ses terres.

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Figure 3 Un week-end champêtre de Sa Majesté Magistrale le Sekhem-Bawantua Tahéruka Shabazz dans le Nagarat (Comté) d’Al-Sabara

Au niveau de la géographie physique les espaces de métropole présentent en général un visage savanier. Le Syabat (Marquisat) de Yam est quand à lui en milieu sahéro-sahélien (désert aride chaud) alors que l’Amirat (Principauté) de la Nouvelle-Dongola est un désert austral froid où l’on trouve les températures les plus basses au monde.

Les richesses dans ces différentes parties tant au niveau de la faune, de la flore, du sol, du sous-sol, des fleuves et fonds océaniques sont si importantes que cela mérite une étude plus fouillée pour en présenter les caractéristiques principaux (agriculture, pêche, minerais, éco-tourisme, etc.).

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, le Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz

Rôle des officiers du Cabinet Magistral, du Conseil Privé et du Corps Diplomatique du Sultanat de Zaria-Shabazz

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Armoiries du Sultanat de Zaria-Shabazz

En attendant la publication des udyu néby (décrets magistraux) et des circulaires du Secrétariat Général de l’Ipet Nésut portant sur la constitution des offices de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz, du Cabinet Magistral Zaria-Shabazz et du Conseil Privé, sur la nomination de leurs membres, sur la création de l’Agence de Presse Zaria-Shabazz et sur la nouvelle carte diplomatique du Sultanat de Zaria-Shabazz; le Bureau de Presse de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz porte à la connaissance du public les grandes lignes de ces udyu néby et autres circulaires ministériels. Il s’agit ici de la présentation succincte des différents offices et officiers du Sultanat de Zaria-Shabazz.

 

Les officiers

Le Lieutenant-Général du Sultanat de Zaria-Shabazz : assure l’intérim sur le Trône de Geb en l’absence du Sekhem-Bawantua lors de situations exceptionnelles.

Le Dyéret-Nésut : assume les charges de Chancelier du Cabinet Magistral, de Ministre des Affaires Etrangères et de Garde des Sceaux Magistraux.

Le Makhdum du Sultanat : assume les charges de Grand-Scholastique (Ministre de l’Education), de Ministre de la Culture et de Ministre de la Recherche Scientifique.

La Représentante Spéciale pour le Commerce Extérieur : supervise l’exportation du beurre de karité, du poisson salé, des fruits et légumes et des textiles du Sultanat de Zaria-Shabazz.

Le Conseiller Spécial pour le Renseignement : apporte son expérience en matière de renseignement et de sécurité en conseillant le Souverain.

L’Aide de Camp du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz : a en charge le protocolat particulier du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

La Calame du Sekhem-Bawantua du Sultanat : rédige les courriers confidentiels du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz, sert d’interface entre le Souverain et le Dyéret-Nésut et exécute des missions secrètes pour le compte du Souverain.

La Directrice du Bureau de Presse de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz : gère la communication officielle de l’Ipet-Nésut ainsi que l’Agence de Presse Zariate-Shabazz (APZS).

Le Directeur des Archives et de la Bibliothèque Royale : conserve tous les documents officiels de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz (sauf les traités) et administre la bibliothèque royale.
L’Ambassadeur Plénipotentiaire du Sultanat de Zaria-Shabazz : représente diplomatiquement à l’étranger Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

Le Secrétaire Particulier du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz : anime les plateformes en ligne de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz et répond aux courriers de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz.

 

Les offices de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz

Intendance de l’Ipet-Nésut : s’occupe de la gestion des stocks alimentaires, des activités agro-pastorales de l’Ipet-Nésut, de l’entretien du domaine de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz ainsi que de ses biens mobiliers et immobiliers.

 
Bureau de Presse de l’Ipet-Nésut : se charge de la gestion du blog officiel de l’Ipet-Nésut et de la direction de l’Agence de Presse Zariate-Shabazz (APZS).

 
Gouvernorat Militaire de l’Ipet-Nésut : assure la sécurité des biens et des personnes de l’Ipet-Nésut. Cette sécurisation de l’Ipet Nésut revient de juré à l’Ordre Militaire et Hospitalier Shabazz et son Grand-Maître qui ont en charge également la gestion des établissements hospitaliers de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz.

 
Secrétariat Particulier de l’Ipet-Nésut : anime les plateformes en ligne de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz et répond aux courriers du Palais.

 
Association de Soutien aux Œuvres Royales (ASOR) : apporte un soutien moral et social aux populations démunies, meurtries, souffrantes et dans le besoin pour le compte de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz.

 
Agence des Services d’Urgence (ASU) du Sultanat de Zaria-Shabazz : intervient dans les situations de crise, de catastrophes naturelles, de menaces, de dangers afin de sécuriser, secourir, protéger les biens et les populations et restaurer la paix.

 
Cour de Justice : rend la justice au nom du Souverain selon les lois en vigueur dans le Sultanat de Zaria-Shabazz.

 

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

Travail et détente au bord du fleuve Oubangui

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Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz, avec le Coordonateur-Général du MJCR

C’est seulement à partir du 20 Septembre 2016 que les travaux du Cabinet Magistral Zaria-Shabazz reprendront. Après que les derniers ajustements aient été effectués. En attendant, c’est l’infatigable travail muet de terrain. Ici sur les bords du fleuve Oubangui, entre la RDC et la RCA.

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

(SUITE) Entretien avec le Chef de la Maison Royale Zaria-SHhabazz, Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

La suite de l’entretien de Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz

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Interview de Sa Majesté Magistrale, à bâton rompu avec la presse.

GPMZS: Quid de l’Asie et de l’Europe. Est-ce raisonnable de penser que demain puisse exister des revendications d’ordre royaliste parmi les Noirs d’Europe ?

SMMTH: Pour l’Asie, la question de la royauté est heureusement d’actualité malgré les féroces attaques coloniales incessantes du siècle passé dont un des buts avoués était de déposer les têtes couronnées de ce vaste continent du peuple originel. Ainsi voyons-nous encore des monarchies vivantes comme au Brunei, au Cambodge, au Népal, au Bouthan, en Thaïlande, au Japon, etc. Et même dans des pays acquis à la démocratie, à la république comme l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, etc. existent encore des provinces autonomes avec à leurs têtes des Rois. Le mouvement de restauration royale est en bonne voie de ce côté-ci du monde originel. Dernièrement, Sa Haute Noblesse l’Askia Ani’oto Shabazz, Mokonzi de Fort-Méroe, partageait avec Nous un article du chercheur Anda Djoehana Wiradikarta sur le processus de restauration des monarchies en Indonésie. Un article vraiment très intéressant et enrichissant que je ne peux que vous recommander.
Pour l’Europe, laissez-moi vous dire que contrairement à ce que pense la majorité des gens, la question de la royauté des communautés africaines est plus que d’actualité. J’ai souvenir d’une analyse du polémiste français Éric Zemmour qui s’appuyait sur les travaux de la démographe française Michèle Tribalat, directrice de recherche à l’INED (Institut National d’Etudes Démographique), et qui disait que la France n’était pas à l’abri d’une montée sécessionniste dans les zones à forte concentration d’immigrés d’origine afro-musulmane. Il prenait l’exemple du département de la Seine Saint-Denis qui selon lui pourrait dans un avenir plus ou moins proche proclamer un Émirat Islamique indépendant contre l’Etat central jacobin français. Un peu comme les Vendéens l’avaient tenté après la sinistre révolution française de 1789 du calendrier romain. L’auteur à succès Michel Houelbecq dans son dernier ouvrage, qui lui valut le prix Goncourt, imagine une future élection présidentielle en France qui serait gagnée au second tour par un candidat musulman du fait de la démographie et de la progression des idées islamiques, royauté y compris (Émirat, Califat), en Europe et en France en particulier.
Alors oui je suis d’accord que les Noirs en Europe et en particulier en France ne sont pas du tout dans une optique royale et ne sont même pas organisés dans une solide organisation unitaire. Mais depuis le début des années 301600, il y a une vague identitaire menée par un courant dynamique, ou du moins qui fut dynamique, qu’est celui des afrocentristes. Un courant dont l’objectif est le retour civilisationnel à nos modèles ancestraux, à nos humanités classiques africaines. Seulement leur réflexion s’est arrêtée au seul volet culturel et depuis près d’une dizaine d’années elle est embrumée par des débats stériles sur la religion. Certains tentent de créer des communautés économiques pour soutenir les activités culturelles et cultuelles. Tout ça est très bien, mais ils passent à côté de l’essentiel, de la vraie question qui est d’ordre politique. Pourquoi ne veulent-ils pas aller jusqu’au bout de la logique afrocentriste qui commande un leadership politique, une unité derrière un leader, une autorité ? À partir du moment que cela sera fait, le succès viendra de lui-même.

GPMZS: Mais alors qui ? À qui pensez-vous ?

SMMTH: Dans la galaxie afrocentriste vous avez des personnalités qui ont une autorité naturelle et qui font aussi bien consensus que l’unanimité. Je pense notamment à quelqu’un comme Doumbi Fakoly ou même Ama Mazama. Beaucoup de gens se groupent autour d’eux. Ils sont de facto les chefs de leur communauté, mais je ne comprends pas ce qui les empêche de franchir le pas pour les élever en dignité ? De faire par exemple de Doumbi Fakoly le Roi, le Fara de la communauté afrocentriste d’Europe ? De quoi ont-ils peur ? En vérité s’ils allaient jusqu’au bout de cette réflexion politique en le proclamant, lui ou un autre, Fara de leur communauté les choses iraient beaucoup plus vite pour eux. Le nouveau Fara pourrait alors constituer son Conseil (Gouvernement) pour mieux coordonner la communauté, ses activités culturelles, cultuelles, économiques, pédagogiques, etc. Ils ont eu le courage de le faire au niveau académique en élevant le Shemsou Ma’at Grégoire Biyogo au statut de savant des savants, lauréat du Prix Cheikh Anta Diop, en somme le Fara de la pensée afrocentrique. Il ne leurs reste plus qu’à franchir le pas au niveau politique. Pourtant, il y a des exemples, nous l’avons vu aux USA avec Silis Muhammad qui avait fait scission avec la NOI quand le chérif Warith Deen Muhammad en a pris les rennes et qui a fini par se ranger et reconnaître l’autorité de l’Honorable Ministre Louis Farrakhan comme seul Khalife de la NOI. En effet, son épouse Misshakee Muhammad a fini par être proclamée et couronnée Reine de la Nation Afro-descendante. Et même du temps de l’éphémère Tribu KA, nous avions un Fara en la personne de Kémi Séba. Il n’a été ni élu, ni contesté mais naturellement reconnu pour ce qu’il était. Et tout un chacun prenant sa place soit dans l’administration de la Tribu KA, soit en tant qu’élément de l’ensemble, ce qui nous a permis d’avancer dans notre combat. Alors il ne s’agit pas de redonner vie à la Tribu KA, loin de là, étant donné que les buts ne sont pas les mêmes, la vision non plus n’est pas la même, mais plutôt de rependre ce qui est positif et vivant pour soutenir la cause de la communauté. Et en ce sens l’organisation monarchique est un outil essentiel, vital. En adoptant cette approche cela permettra de jeter les bases de relations diplomatiques avec des Royaumes d’Afrique comme le Sultanat de Zaria-Shabazz dont le souverain est conscient de l’enjeu historique du retour à nos fondamentaux ancestraux.
La majorité de nos Rois en Afrique n’ont plus cette vision, il suffit de voir dans les pays comme le Nigeria, l’Ouganda, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Cameroun, le Congo Démocratique, etc., ce à quoi jouent les Chefs des Maisons Royales Traditionnelles. D’ailleurs à ce titre je conseille tout particulièrement de consulter le livre collectif sorti en 2003 aux éditions Khartala, “Le retour des rois. Les autorités traditionnelles et l’État en Afrique contemporaine”. Nombre de ces Rois traditionnel monnaient le plus souvent leur position pour des miettes politiques lors des élections. Voilà ce à quoi nous en sommes réduits aujourd’hui, c’est triste. Ces royautés ancestrales sont aujourd’hui le plus souvent utilisé comme tremplin politique, économique ou académique. Ça fait bien sur le CV. Rappelons-nous le combat qui a opposé, il y a deux ans de cela, le Prince Aminu Ado Bayero et Sanusi Lamido Sanusi l’ancien gouverneur de la banque centrale nigeriane pour devenir Émir de Kano à la suite du décès du défunt Émir, Ado Abdullah Bayero après un long règne de cinquante et un ans. De violents combats ont eu lieu entre les partisans de ces deux prétendants qui en fait étaient respectivement soutenus par les partis politiques de l’APC du Président Goodluck et du PDP du Général Buhari.
En tous les cas, en assumant cette option politique les afrocentristes pourraient nouer des liens diplomatiques avec forces royaumes africains et afro-diasporiques, comme les Maisons Royales et Impériales d’Ayiti, la Maison Impériale Mugin de l’Empire-Maure-Amexem, la Maison Royale de Madagascar, la Maison Royale du Lado, la Maison Royale du Burundi, etc.; et tout cela pour l’avancement de tous. Car ainsi nous pourrions mutualiser nos points forts. Ce sera l’occasion même pour eux de pouvoir intégrer la plateforme africaine qui rassemble les Rois et Chefs Traditionnels que feu Le Guide Muammar al-Gaddhafi avait mis en place et qui est dirigée par Sa Majesté Chiffie-Zie, le Roi des Bétés. Les francs-maçons ont mis en place leur système de gouvernance, et quand un franc-maçon français a besoin d’argent il va en Afrique voir son frère de loge réciproquement quand ce dernier a besoin d’un service il accourt vers son frère de loge en France pour demander son aide. Ils font prospérer ainsi leur cause à nos dépends. Les criminels internationaux et terroristes font de même. Est-ce que nous qui sommes “conscients” serions les seuls dindons de la farce qui ne comprendraient rien et qui refuseraient les outils que les ancêtres nous ont légué pour nous fortifier ? Ce serait absolument aberrant.

GPMZS: C’est un peu une sorte de bouteille à la mer que Vous lancez là en direction de toutes les communautés africaines diasporiques, mais justement profitons de ces rappels historiques pour revenir un instant sur votre parcours depuis votre émergence publique, il y a près de quinze ans de cela. Du temps où Vous étiez membre actif et cadre du Parti Kémite (PK) dirigé alors par Kémi Séba, l’on ne voyait pas transparaître chez Vous ce tropisme royaliste que Vous soutenez aujourd’hui. Et même dans les autres organisations que par la suite Vous aviez co-fondé et animé en tant que membre actif et cadre (Tribu KA, GKS, MDI, etc.), nous ne percevons pas cette option politique.

SMMTH: C’est vrai qu’à première vue ce n’est pas ce qui est le plus flagrant quand on jette un regard rétrospectif. D’ailleurs si vous me le permettez, disons qu’en cet instant nous commémorons quasiment jour pour jour les dix ans de la descente de la Tribu KA à la rue des Rosiers qui avait fait tant de tapage médiatique et provoquer un émoi nationale au sein de toute la classe politique française. Comme quoi le temps passe vite. Mais à y regarder de plus près on est amené à nuancer un peu plus ce jugement sur la non perception de l’option royaliste, du moins monarchique, dans nos mouvements militants successifs de l’époque. Car même les autorités françaises et les travaux universitaires comme ceux de Stéphane François, Damien Guillaume, Emmanuel Kreis ou encore Pierre-André Taguieff reconnaissent, dans les rapports et publications nous concernant, le fonctionnement monarchique de ces différentes organisations avec à leurs têtes un Chef et un Conseil (Administration). Et ce Chef appelé Fara n’a pas été élu au suffrage universel ou choisi lors d’une assemblée générale constitutiante ou élective. Il s’est tout naturellement imposé. Mais je comprends aussi pourquoi l’on ne perçoit pas de première abord ce tropisme royaliste dans ce parcours en France. Il faut savoir que dès le début de mon émergence sur la scène publique j’avais élaborer une méthodologie enseignée au sein de la Per-Ankh et qui se présentait comme suit: Néma-Kéma-khépéra. Néma c’est déconstruire, dénoncer. Kéma c’est construire, élaborer, planifier. Et Khépéra c’est transformer, appliquer, mettre en œuvre, réaliser. Le discours comme les agissements à cette époque étaient de circonstance car nous étions dans l’étape du Néma, donc de la dénonciation. Il s’agissait pour nous de dénoncer les mensonges sur notre Histoire, notre culture, notre héritage; de dénoncer la mainmise de certaines communautés contre la nôtre; de dénoncer les pesanteurs internes comme externes qui nous tiraient vers le bas. Alors évidemment dans le Néma il y a forcément une petite dose de Kéma et de Khépéra, c’est pour ça que l’on perçoit ici et là quelques soupçons de la pensée et de la praxis royaliste dans notre parcours en France. À partir de l’an 301614, j’ai plus mis l’accent sur le Kéma, donc l’énonciation, en commençant un travail intellectuel d’explication, d’élaboration, de pédagogie. C’est tout le sens de mon travail sur le monde négro-arabe que certains comme feu Jean-Pierre Kaya (paix à son âme) n’ont pas bien compris, m’accusant à tort de vouloir islamiser et/où d’arabiser l’Afrique, là où en vérité pour moi il s’agissait de réafricaniser le monde arabe et l’islam. Il s’agissait pour moi de réappropriation d’un héritage volé, détourné, dérobé qui est notre, celui des civilisations maure, négro-arabe du moyen-age : Califats Rachidoun, Omeyyade, Abbaside, Fatimide, Omeyyade de Cordoue, Al-Mourabitoun, Al-Mouahidoun, Émirat de Grenade, etc. Toutes ces grandes civilisations appartiennent historiquement, anthropologiquement, culturellement et éternellement au monde noir. Et il était important de le signaler, de le relever, de l’enseigner afin de nous en inspirer pour nos propres expériences politiques, économiques et culturelles à venir. Ces civilisations négro-africaines du Moyen-Age sont un trait d’union entre Kemet qui est lointain et les royaumes modernes précoloniaux. Et là aussi dans cette étape de Kéma, donc d’énonciation et non plus de dénonciation, dans laquelle nous nous trouvons actuellement il y a forcément une dose de Khépéra, donc de réalisation, de praxis, de mise en application de nos élaborations et planifications intellectuelles. Nous avons au maximum encore trois ans avant de définitivement basculer de plein pied dans l’étape de Khépéra pour clôturer un cycle préparatoire d’environ vingt ans. Vingt ans pour être enfin suffisamment outillés pour transformer notre géographie et par conséquent notre histoire. C’est à la fois court et long, question de point de vue.

GPMZS: Vous disiez précédemment avoir mis en place un système psycho-socio-économique. En quoi cela consiste-t-il? Sur quoi se fonde le socle économique du Sultanat de Zaria-Shabazz ?

SMMTH: Le Sultanat de Zaria-Shabazz a hérité de l’Empire-Maure-Amexem son hyperstructure psycho-socio-économique avec ses dispositifs, ses procédures, ses codes et ses normes établis par le ministère du trésor et du budget, par celui des douanes, et par le département de l’énergie et de l’industrie du ministère de l’intérieur. Aussi pour réguler et fluidifier nos échanges commerciaux a été mise en circulation une monnaie métallique constituée d’argent pur à 99%: l’ujamaa-silver (1 oz, 1/2 oz, 1/4 oz) que nous avons adopté. Ça c’est pour le contenant de cette économie. Pour le contenu, donc la production, il faut savoir que nous n’avons pas encore eu la possibilité, depuis notre retour sur nos terres, de nous rendre dans la Cité-Capitale de Firdaws-Niutallah dont l’accès à été rendu inaccessible du fait de l’insécurité permanente qui règne dans le coin depuis ces trois dernières années. Du coup c’est essentiellement sur nos terres du Nagarat (Comté) d’Al-Sabara que se concentrent nos activités agricoles. La première année d’exercice, qui était pour nous un test, nous a permis de produire près de 30 tonnes de carottes devenant de facto les premiers producteurs et fournisseurs de carottes de la région de Bangui. Prouesse qui a attirée l’attention des autorités politiques centrafricaines de la Transition qui nous ont invités à participer au premier Forum pour la Promotion du Secteur Privé en RCA. Notre démarche entrepreneuriale à également touchée le patronat centrafricain qui n’a pas hésité à nous donner un coup de pouce financier pour soutenir notre production. Tout cela est tombé dans les oreilles d’une grande télévision française, en l’occurrence Canal+ qui est venu sur nos terres pour tourner un documentaire sur nous dans le cadre de son émission “Réussite”.
Et nous nous démenons pour augmenter, à la fois, la production et la productivité en mécanisant davantage, en introduisant de nouvelles semences et de nouvelles techniques d’exploitation agricole. Nous cherchons également à gagner de nouveaux marchés d’écoulement de nos produits. D’ailleurs actuellement deux sociétés industrielles, l’une locale faisant dans l’huilerie et les savons, l’autre l’internationale faisant dans la grande distribution de produits exotiques pour le marché de l’UE, sont en pourparlers avec nous. Il s’agit par exemple de 30.000 tonnes annuelles de maïs, au moins autant de sésame sans compter les avocats et mangues de nos vergers. À l’heure actuelle c’est vraiment un marché colossal qui dépasse nos capacités logistiques. Nous avons besoin d’élargir notre surface financière pour répondre convenablement à cette demande importante. D’où le fait de notre participation à des discussions avec la Banque Mondiale pour nous permettre d’accéder à certains programmes donnant lieu à des lignes de crédits et à un renforcement de nos capacités. Quoiqu’il en soit les perspectives pour nous sont bonnes malgré les grandes difficultés conjoncturelles et structurelles auxquelles nous devons faire face.

GPMZS: Votre Majesté, merci pour tout.Vos réponses ont été l’occasion pour nous de mieux appréhender les fondements de la royauté Zariate-Shabazz. À nouveau merci d’avoir bien voulu accepté notre invitation. Mais Sa Majesté aurait-elle un dernier mot à dire aux lecteurs et lectrices de la Gazette du Palais Magistral Zaria-Shabazz ?

SMMTH: Encore une fois je tiens à vous remercier du fond du coeur pour cette opportunité qui m’a été offerte de m’exprimer dans vos colonnes. Mais si j’avais juste un dernier message à transmettre ce serait d’inviter tout à chacun à méditer la proposition du Messager d’Allah, le Très Honorable Elijah Muhammad, quand il nous dit “Accept your own” [Acceptez ce qui est votre].

GPMZS: Nous Vous remercions.

Entretien avec le Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz, Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

Entretien avec le Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz, Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

Sa Majesté Magistrale Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz

La Gazette du Palais Magistral Zaria-Shabazz (GPMZS): Bonjour à Vous Votre Majesté. Nous Vous remercions de bien vouloir Vous prêter à l’exercice des questions-réponses pour notre magazine. Tout d’abord nos lecteurs et lectrices voudrez savoir pourquoi Votre royauté est dite de droit divin. Est-ce à dire que Vous Vous prenez pour un dieu? Ou bien est-ce Dieu qui personnellement Vous aurez fait Roi? Eclairez-nous un peu sur le sujet.

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz (SMMTH): C’est moi qui vous remercie avant tout pour tout le travail que vous fournissez en termes d’information, de vulgarisation des thèmes liés à la royauté traditionnelle africaine et plus particulièrement à celle de la Maison Royale Zaria-Shabazz et son environnement. Pour répondre directement à votre questionnement, je dirais que je n’ ai jamais eu et je n’aurai jamais la prétention blasphématoire de me prendre pour un dieu, ni l’outrecuidance d’avancer que Dieu m’aurait personnellement visité pour me faire Roi. Non, cette formulation de “royauté de droit divin” veut dire autre chose que ces mésinterpretations trop fréquentes. Quand nous disons “royauté de droit divin” nous voulons simplement souligner le caractère éminemment “naturel” de la royauté, de ce droit. En effet, ce qui relève de Dieu est naturel, c’est ce qu’on appelle en mathématiques une relation bijective. Et cette royauté, Dieu la donne à qui Il veut comme le fait remarquer Cheikh Muslim-Uddin Sa’di Shirazi dans la Maxime 11 de son livre “The Gulistan of Sa’di” où il dit que “Allah donne la royauté à qui Il veut”. Tel fut le cas, en entre autres, du prophète David, Chef de la Maison Royale de Juda, Roi d’Israel (cf. Qur’an 2:251). La royauté est une institution divine que Dieu a commandé à l’Homme comme unique mode de gouvernement. À l’entrée des Bêta Israël sur la terre promise, le Talmud nous dit que Dieu leurs imposa trois choses dont la première était de se choisir un Roi. La royauté est un droit pour les peuples de Dieu.

GPMZS: Nous comprenons bien l’idée que la royauté soit en vérité la seule forme de gouvernement commandée par Dieu, et ce en tout temps et tout lieu, depuis la très haute antiquité jusqu’à aujourd’hui. Un cas très parlant est celui de Kemet et de sa royauté de droit divin où le Fara porte entre autres titulatures celle de “Sa Râ” (Fils de Dieu). Autre exemple plus proche de nous dans le temps, le Royaume Luba dont l’idéologie politique qui devait par la suite constituer les fondements du royaume, lit-on dans le volume 5 d’Histoire Générale de l’Afrique, “reposait sur deux principes imbriqués : le bulopwe, théorie relative au caractère sacré de la royauté, et le principe du Gouvernement par l’intermédiaire d’une association fermée” (HGA, Volume 5, p. 647). Mais est-ce suffisant pour que Vous Vous proclamiez Roi ou que Vous prétendiez à la royauté sur des terres qui de surcroît étaient sous le pouvoir de l’Empereur Bokassa Ier à Votre naissance?

SMMTH: Je ne proclame ni ne prétends à rien, en vérité. Car cette question revient à demander comment Dieu choisit telle ou telle personne pour assumer la royauté. Dans notre Histoire certains ont été directement choisi par Dieu, c’est ce que dit la tradition des Rois de Napata du Djebel Barkal qui ont précédé le Roi Irérou Alara de quelques siècles. Mais pour l’écrasante majorité d’entre eux, Dieu les choisit naturellement par plusieurs voies différentes comme la naissance, en faisant d’eux les heritiers légitimes de la couronne, ou encore en leur permettant de devenir Roi par la sélection, l’élection ou la conquête. Par exemple nous savons que “le père du Royaume Kongo, Nimi Lukéni, fonda Mbanza Kongo à l’emplacement actuel de Sao Salvador et son royaume se constitua autant par alliance avec le chef local, le Kabunga, et avec un Roi qui, plus à l’Est, dirigeait le Mbata dans la vallée de l’Inkissi, que par la conquête d’autres territoires vers la mer et vers la basse vallée de l’Inkissi” (HGA, Volume 4, p. 604).
Pour Notre part, Nous n’avons pas conquis de territoires ou contracté d’alliances matrimoniales qui Nous auraient propulsé sur le trône. Dieu a voulu que Nous naissions dans une famille royale traditionnelle originaire du Bahr-al-Gahzal dont la colonisation française à la fin des années 301480 du calendrier maure-amexem et au début des années 301510 de ce même calendrier a complètement sapé les fondements au point qu’à partir des années 301525 la mémoire collective ne garda que des bribes du passé. Aussi en tant qu’héritier conscient de notre Histoire nous avons un devoir vis-à-vis de nos devanciers, de nos ancêtres. Le devoir de perpétuer cet héritage, de le vivifier et de le transmettre intact aux générations futures. C’est ainsi que Nous avons procédé depuis l’année 301617 au rétablissement, à la ré-émergence, à la restauration de la royauté à travers la Maison Royale Zaria-Shabazz.

GPMZS: Mais concrètement en quoi consiste cette restauration? S’agit-il de rétablir un ancien Royaume d’il y a deux siecles ou antérieur, alors que depuis 301568 l’institution de l’OUA a semble-t-il acté l’idée de la conservation des limites des frontières héritées de la décolonisation? Et puis ne se pose t-il pas le problème de la prescription après tant d’années de non-règne ?

SMMTH: La Maison Royale Zaria-Shabazz est une dynastie nouvelle qui ne cherche pas à rétablir un royaume ancien par nostalgie. Non, nous prenons acte des évolutions de l’Histoire, mais dans le même temps nous prenons nos dispositions pour jouer notre partition à notre échelle traditionnelle, coutumière en accord avec les enseignements que nous avons reçu sur la connaissance du temps. Cette dernière nous dit que la royauté était au commencement de Histoire et qu’elle se perpétuera également à la fin de la période de sursis accordée à la civilisation yakubite.
D’ailleurs l’auteur Al-Fattini certifie qu'”à chaque époque, Allah envoie un roi à la ressemblance des coeurs du peuple. S’Il désire les réformer, Il leurs envoie un Réformateur et s’Il désire les détruire, Il leurs envoie un roi qui cause leur perte” (Tadhkira al-Mawdu, N°182). La destruction de nos royaumes nous l’avons sévèrement connue par les hordes de sauvages européens qui ont fini d’achever leur funeste projet avec la colonisation. Mais depuis l’année 301519 du calendrier maure-amexem nous sommes dans une nouvelle phase, un nouveau cycle politique où progressivement le peuple originel retourne à ses fondamentaux. À ce titre, la tradition musulmane retient que “le Mahdi attendu sera un roi”. Le Messager d’Allah, le Très Honorable Elijah Muhammad nous apprend que ce Grand Mahdi n’est autre que Maître Fard Muhammad à qui toutes les gloires sont dues. De plus il nous rappelle qu’il a lui-même, en tant que Messager, été envoyé par Dieu à son peuple pour (re)faire de nous des rois et des reines. Tout ça pour nous dire que les autres formes de gouvernement vont tomber en désuétude et s’effondrer le plus naturellement du monde pour ne laisser place qu’aux seuls royaumes. Donc l’on voit bien que nous ne sommes pas dans une logique de prescription comme le professe le droit international, mais dans l’eschatologie et la prophétie divine.
De plus, même en matière de prescription le juriste Robert Philimore dit que “si le souverain a abdiqué ou a été légalement déposé…son titre légal au regard du droit international cesse d’être” Commentaries upon international law, volume 2, p. 142, 1871. En ce qui nous concerne, ni Nous ni Nos devanciers n’avons abdiqué ou n’avons été légalement déposé. Et même pour ce dernier cas, Charlotte Catherine Wells de préciser qu'”un Monarque déposé, aux yeux de la loi, reste un Monarque [de jure]” Law and citizenship in Early Modern France, Issue 1, p. 198, 1995. Donc en tous les cas, Nous ne pouvons en aucun être frappés d’une prescription qui Nous ferait perdre Nos droits naturels à la royauté.
Mais pour être clair ce n’est pas par le biais de la généalogie avec nos ancêtres issus des Maisons Royales Traditionnelles que nous tirons Notre légitimité dynastique. Car si vous nous aviez bien suivi vous comprendrez que ce n’est pas le sang en tant que tel qui fait de quelqu’un un Roi, ce critère n’est qu’accidentel. Si l’on est Roi c’est uniquement par la grâce de Dieu qui accepte ou non de vous mettre dans les conditions d’exercice de la royauté. C’est ce que nous rappelle la Bible dans le livre des Proverbes: “Grâce à Moi [Dieu] les rois gouvernent”, Proverbes 8:15.
Vous Nous demandez concrètement par quoi se manifeste chez nous la Restauration de la Royauté à travers la Maison Royale Zaria-Shabazz ? D’abord par l’émergence d’une Maison Souveraine. Or qui dit souverain, dit forcément la collation des prérogatives afférentes de jus impérii, de jus gladii, de jus majestatis, et de jus honorum. Elle se manifeste également par l’établissement de la Noblesse Zariate-Shabazz, du Sceaux Magistral, du Cabinet Magistral, des armoiries et du drapeau du Sultanat de Zaria-Shabazz, des relations diplomatiques tissées avec d’autres Maisons Souveraines, d’un système psycho-socio-économique et par le projet d’érection du Palais Magistral Zaria-Shabazz sur le site de Firdaws-Niutallah. D’autres éléments sont en voie de réalisation pour consolider la Maison Royale Zaria-Shabazz, notamment au niveau culturel où nous comptons jouer un rôle important. Étant donné que la culture constitue pour nous un socle, un élément central de notre développement civilisationnel avec l’agriculture et le commerce.

GPMZS: Votre Majesté, Vous faîtes allusion à des Maisons Souveraines avec lesquelles vous entretenez des relations diplomatiques. Peut-on en savoir un peu plus?

SMMTH: En tant que Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz Nous avons pris l’initiative d’entrer en contact avec des frères, cousins et amis à la tête de différentes Maisons Souveraines à travers le globe. Ainsi dès la Restauration Nous avons reconnu la suzeraineté de Sa Majesté Impériale le Bur-Fari An-Anu-El:Bey, Monarque Constitutionnel de l’Empire-Maure-Amexem, Grand-Sultan du Sultanat d’Al-Manja-Zaria-Wa-Shabazz et Grand-Héné du Sultanat de Mu-Akhan. En retour, Nous avons été créé Gubenar d’Alkebu-lan et Ab.zu, à savoir de tout le Secteur:4 de l’Empire-Maure-Amexem, ce qui signifie que le Sultanat Mu-Akhan est directement sous Notre autorité. Nous avons également signé un traité de Paix et de Reconnaissance Mutuelle avec Son Altesse Sérénissime le Prince Royal et Impérial Thierry d’Ayiti, Chef de la Maison Impériale et Royale Faustin Soulouque et Henry Christophe. Sur le continent asiatique Nous avons jeté les bases d’une relation diplomatique avec Sa Majesté John Ier, Roi de Colonia Saint John, Prince de Mariveles et Amboyna. De même qu’en Europe, Notre Chancelier, Sa Haute Noblesse l’Askia Khépéru Shabazz, Mokonzi de Port-Kagiso, a initié un début de relation formelle avec la Principauté de Séborga. D’autres relations plus informelles avec des Maisons Souveraines africaines et diasporiques devraient déboucher sur la signature de traités diplomatiques, s’il plaît à Dieu.

GPMZS: Votre Majesté, que répondez-vous à celles et ceux qui disent que finalement Vous n’êtes pas reconnu par de vrais royaumes et autres grands États formels comme en Afrique le sont le Lesotho, le Swaziland ou encore le Maroc ?

SMMTH: Je leur dirais que même le droit international reconnait que l’ existence politique d’un État est indépendante de sa reconnaissance diplomatique par qui que ce soit. Aucun État au monde fusse-t-il le plus puissant n’a le droit ni la légitimité de déclarer si oui ou non telle ou telle entité devrait être ou non reconnu comme un État à part entière. C’est le Roi qui fait le Royaume, pas l’inverse et encore moins l’étranger. Vous avez par exemple un chapelet d’entités politiques non-membres de l’ONU qui pourtant sont clairement, légalement et légitimement de vrais États. Tel est le cas, par exemple de la République d’Abkhazie, de la République de Donesk, où encore du Timor Oriental. Nous avons le cas du Royaume du Maroc qui n’est pas membre de l’UA mais qui est incontestablement de jure comme de facto un véritable État. En revanche, vous avez des entités politiques comme Israël qui sont membres de l’ONU et dont l’existence est très fortement contestée par d’autres. Un autre exemple est celui de la Somalie qui est complètement divisée et éclatée entre quatre entités politiques dont le Somaliland qui a reçu officiellement en 301620 la visite de Laurent Fabius alors ministre français des affaires étrangères. Une manière de préparer une sorte de reconnaissance diplomatique mutuelle.
En Zambie, il y a le cas du Royaume du Barotséland qui unilatéralement a décidé de faire scission avec le gouvernement central de Lusaka dès l’année 301617 en arguant du non-respect par les autorités de Lusaka, depuis 301569, du Barotseland Agreement. Depuis lors le gouvernement de Sa Majesté le Mbumu wa Litunga Lubosi II Imwiko II se démène au niveau diplomatique (ONU, UA, Commonwealth, etc.) pour chercher des appuis politiques. En effet, c’en est ainsi, tous les Royaumes, Émirats, Principautés et autres Duchés ont leur commencement propre (Monaco, Luxembourg, Qatar, Arabie Saoudite,…). Certains sont nés d’accords internationaux, d’autres par le bon vouloir d’un puissant État dominateur, d’autres encore par les armes et certains autres par l’entrefait d’une personnalité, d’une figure historique, d’un fondateur.
Ainsi pour nous, nul besoin de la caution de qui que ce soit, à l’instar des Rois et Reines du temps de la traite négrière dans les Amériques et les Karaïbes qui ont su imposer à tous leur autorité royale, comme Zumbi de Palmarès au Brésil, Yanga du Véra Cruz au Mexique, où encore Nany de Jamaïque dans les Karaïbes. De même pour Yahya de Sicile au Moyen-Age où encore l’Agofé Atabua du Royaume de Lado en Afrique Équatoriale durant la colonisation européenne de l’Afrique. Tout ça pour dire que même pendant des périodes obscures de domination politique, idéologique, économique et même géographique de nos territoire d’Afrique comme de la diaspora, jamais nos Rois et Reines n’ont cessé le combat de la souveraineté royale. Et ce, sans jamais chercher une reconnaissance quelconque des puissants du moment. Ce qui d’ailleurs aurait été un sacré paradoxe, car comment demander d’être légitimé par celui qui veut votre perte ? En somme tout cela revient à mettre en application la parole du prix Nobel de littérature Wolé Soyinka qui disait que “le tigre ne montre pas sa tigritude, il bondit sur sa proie et la dévore”. Je finirai sur cette question en souhaitant bonne chance à celles et ceux qui ressentent le besoin ou attendent encore d’être reconnus par la France, l’Italie, les États-Unis d’Amerique où d’autres fictions legales du même acabit, pour exister. Pour notre part, nous préférons nous conformer à la méthodologie multimillénaire de nos augustes devanciers qui n’ont eu de compte à rendre à personne si ce n’est qu’à leur Créateur.

GPMZS: Est-ce à dire que vous préconisez l’établissement, la restauration ou la création de royaumes afro-diasporiques parallèles du monde politique actuel, un peu partout autour du globe ? N’est-ce pas contre-productif, illusoire et même à contre-courant du consensus panafricain actuel ?

SMMTH: Sur quoi repose ce consensus ? À quoi correspond-il ? Vous savez, il y a près d’une vingtaine d’années j’ai fait connaissance d’une pensée philosophique qui m’a profondément marquée. C’est celle de la “Parole du Revenir” où “Revenance” du philosophe gabonais, le Shemsou Maat Grégoire Biyogo. C’est pour moi sa pensée la plus fertile, certes peut-être pas la plus féconde en termes de production scientifique, mais véritablement la plus fertile. Je pense que c’est même le cœur de sa pensée, la quintessence de celle-ci. Je considère que la majorité de ses autres discours philosophico-scientifiques ne sont en fait que des variations autour de cette fulgurante pensée centrale. Que ce soit celui sur la mvettologie, sur l’origine de la philosophie, sur l’épistémologie de l’égyptologie, sur l’axiomatique quinaire en méthodologie, sur l’histoire de la philosophie africaine et de la philosophie de l’histoire de la philosophie, ou encore sur le continuum consonantique et la coappartenance philologique des langues africaines. Il est vrai qu’il n’est pas le premier à initier cette dynamique mais chez lui la formulation, la diction, la démonstration y est, à mon sens, plus remarquable que chez ses devanciers et autres contemporains. Cette “parole du Revenir” pose non seulement le recours mais également le retour au discours matinal de la très haute antiquité africaine et ce dans tous les secteurs de notre vie (spirituel, intellectuel, culturel, géographique, économique, politique, etc.).
Ainsi au niveau spirituel, elle appelle la ré-africanisation et la rectification interne des révélations divines balafrées par les errements de l’Histoire. Remettant par exemple la Torah, les Évangiles ou encore le Qu’ran dans leur environnement naturellement africain, aussi bien au niveau théologique, anthropologique que sociétal. C’est un peu ce que l’on retrouve dans la pensée et les œuvres de l’intellectuel (dans le sens sartrien du terme) camerounais Jean-Marc Éla.
Au niveau politique, la Revenance nous commande de procéder à la profonde relecture de nos classiques délaissés. Ainsi en est-il de la prophétie de Néferty où en encore de celle de Mfumu Kimbangu qui toutes les deux formulent la venue d’un Grand Roi régulateur, d’un Grand Enseignant qui viendra remettre l’Homme Originel à sa place naturelle. En tant que panafricains, n’avons-nous pas à nous demander ce que nous devrions et pourrions faire de cet héritage ininterrogé et qui pourtant invite naturellement à une profonde réflexion ? Quelle lecture en faisons-nous ? Quelle place accordons-nous à ces importants éléments précités, dans nos débats ? Pour les plus curieux d’entre les panafricains qui ont eu la chance de goûter à ces artéfacts historiques, seule l’idée de savoir que ce libérateur viendra du “Sud” retient un tant soit peu leur attention. Leur courte réflexion ne s’arrêtant qu’à la grégaire fierté de savoir que cet “accomplisseur” viendra de leurs terres d’origine pour briser le joug des ennemis de la paix. C’est pourquoi, pour la grande majorité de ces panafricains la satisfaction politique se limite dans la plupart des cas à l’inversion de la carte de l’Afrique, constituant par là en quelque sorte leur unique acte de militant politique. Car ils ne se posent pas la question du qui, ni du quoi, ni du comment, ni du quand, ni du pourquoi de ces éléments de réflexion. Seul le où les a jusqu’à présent intéressé.
Or un panafricain conséquent, de surcroît armé du prisme de la Parole du Revenir, doit au moins s’interroger sur le qui, le quoi, le comment et le quand. Pour nous arrêter qu’aux seuls cas du qui et du quoi, en analysant avec rigueur ces prophéties nous sommes dans l’obligation de reconnaître que le Régulateur tant attendu est manifestement une personne physique, réelle, humaine issue du peuple originel, de sexe masculin, en somme un homme du peuple originel. Ça c’est la première remarque, et une des conséquences directe de cette lecture panafricaine de ces artéfacts historiques, au niveau de la question du qui, c’est l’obligation qui nous est faite de préserver de tout avortement les ventres des femmes du peuple originel et des femmes blanches mariées à un homme du peuple originel. En effet, c’est à partir de ces ventres là que viendra ce Grand Libérateur. Car ces prophéties ne nous parlent pas d’une onde électromagnétique, ni d’un fantôme, ni d’un extraterrestre, où d’un être fabuleux, chimérique qui viendrait nous libérer mais bien d’un homme issu du peuple originel. Ainsi chacun des ventres des femmes issues du peuple originel ou de femmes blanches en union avec des hommes du peuple originel peut potentiellement donner naissance aux parents de ce Grand Régulateur où au Régulateur lui-même. Si l’on s’interroge maintenant sur le quoi, l’on remarquera que ces documents historiques nous parlent d’un roi, donc d’une personne qui est l’incarnation même d’un système politique. Un homme qui vient avec tout un système politique -et forcément le meilleur système politique- à mette en place au sein du peuple auquel il a été envoyé. Et ce système politique c’est la royauté, voilà rapidement dans un premier temps ce que nous dit une étude furtive de ces artéfacts historiques panafricains.

GPMZS: Où Voulez-Vous en venir précisément, Votre Majesté ?

SMMTH: J’y viens justement… Si nous nous référons aux grandes figures du panafricanisme, du moins celles dont les noms reviennent le plus souvent dans la bouche des panafricains (Kwame Nkrumah, Julius Nyéréré, Sékou Touré, Patrice Éméry Lumumba, Thomas Sankara, Jerry Rawlings, Amilcar Cabral, Ahmed Ben Barka, Samora Machel, Jomo Kenyatta, Kenneth Kaunda etc.), nous constatons qu’ils se divisent en deux groupes. Certes, ils partagent tous en commun la lutte anti-coloniale et anti-impérialiste. Mais en termes politiques, soit ils n’apportent pas de système politique au-delà du combat anti-colonial, soit ils proposent effectivement un système politique, qui dans la réalité se présente sous la forme d’un vulgaire copier-coller de ce qui vient d’Occident ou à la rigueur sous la forme d’une infructueuse tentative de synthèse entre les idéologies politiques occidentales et des valeurs dites africaines. Nous retrouvons ce même tropisme chez les grands penseurs du panafricanisme qui ont plus marqués le monde des idées que celui de la politique. Citons entre autres les Osendé Afana, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, WEB DuBois, Cheikh Anta Diop, etc. Copier-coller ou tentative de synthèse, dans tous les cas ces expériences se sont soldées par des échecs cuisants. Que ce soit le socialisme d’un Nyéréré, le communisme d’un Padmore, le libéralisme d’un Rawlings, l’universalisme d’un Senghor, le consciencisme d’un Nkrumah. Finalement il apparaît très clairement devant nous ce qui est réellement contre-productif : le fait de se cramponner à ces idéologies hétérogènes, au pire, et allogènes, au mieux. C’est cela qui est véritablement contre-productif et non la restauration de la royauté.
En approfondissant davantage notre analyse, nous nous rendons compte que les acteurs qui ont été les plus décisifs dans le cénacle panafricain relèvent tous de la royauté. En effet, c’est en terre de monarchie que l’inventeur du terme “panafricanisme”, l’avocat trinidadien Henry Sylvester Williams, organisa le premier Congrès Panafricain en l’an 301505. Et celui qui par la suite porta le plus haut les couleurs de ce combat après ce premier Congrès n’était autre qu’un royaliste intégral en la personne de Marcus Mosiah Garvey, qui, on se souvient, avait érigé une noblesse africaine avec un certain nombre de titres de noblesse. Le dernier Congrès Panafricain (le cinquième) en 301550, lui, fut organisé sous l’égide du Roi de Lado, Sa Majesté l’Agofé Atabua, dont les principaux collaborateurs et adjoints étaient Kwame Nkrumah et Jomo Kenyatta. Après l’assassinat par les Britanniques de ce Roi qui avait fait de sa Capitale, Arua, celle du panafricanisme, le bâton de defenseur du panafricanisme échu à Sa Majesté Impériale le Négus d’Ethiopie, Hailé Sélassié qui fit d’Addis-Abéba la Capitale du panafricanisme et le siège de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine). À la suite de son assassinat en 301580, le panafricanisme et l’OUA en particulier periclitèrent sévèrement. Nous vîmes tous les leaders panafricains tombés un à un comme des mouches à travers le globe jusqu’en 301606 où le Guide libyen le Colonel Muammar al-Gaddhafi redonna impulsion et vie au panafricanisme, à Syrte, en fondant l’Union Africaine (UA). Après avoir présidé l’institution en 301609 et été proclamé Roi des Rois de la Tradition Africaine en 301615, il est assassiné en 301616 par les forces armées de l’OTAN. À la suite de cette tragédie le continent africain devient un furieux brasier ardent et ce du Nord au Sud: la bande saharo-sahélienne à feu et à sang, les États de l’Afrique méditerranéenne ravagés par le spectre du terrorisme, la corne de l’Afrique disloquée, l’Afrique centrale devenue un No Man’s Land avec des non-Etats comme la RCA ou le Sud-Soudan, l’Afrique de l’Ouest sous la coupe réglée des attentats terroristes, l’Afrique australe est quant à entrée dans une nébuleuse de la récession économique et d’instabilité politique.
Ce tableau calamiteux montre que ce qui est absolument illusoire c’est de croire que l’État Fédéral Africain puisse devenir un jour réalité alors que tous les organes vitaux du continent que sont ces “républiques” nègres sont malades. Comment espérer être en bonne santé quand tous nos organes vitaux sont rongés par un cancer en phase terminale ? Même dans l’Europe des vingt-huit où là guerre n’existe plus depuis 301550 et où les conditions politiques et économiques sont infiniment meilleures qu’en Afrique, le logiciel de l’UE ne prend pas tant il est vérolé. Alors comment une Afrique malade, saturée de républiques pourrait y arriver ? C’est là une illusion, une chimère qu’entretiennent les panafricains dans leur écrasante majorité. Parce que ce sont eux, et non nous, qui rament à contre-courant du panafricanisme historique. C’est le panafricanisme historique, celui d’obédience royaliste, qui a donné à 99% des républiques africaines les couleurs de leurs drapeaux: le vert-jaune-rouge de Sa Majesté Impériale Hailé Sélassié Ier, Roi des Rois, Lion de la Tribu de Juda et Négus d’Ethiopie; et le rouge-noir-vert de Marcus Mosiah Garvey l’infatigable ultra-royaliste panafricain. En clair, aujourd’hui se placer dans le sens de l’Histoire pour un panafricain en accord avec les principes de base, c’est véritablement s’inscrire dans une dynamique royaliste, monarchique. Qu’on le veuille ou non, qu’on le comprenne ou pas, qu’on souhaite ou pas créer, restaurer, ou établir des royaumes parallèles au landernau politique “officiel” sur nos terres ancestrales, le sens de l’Histoire en Afrique c’est le retour à la royauté.

GPMZS: Diriez-vous la même chose dans la Diaspora ? Est-ce possible ? N’est-ce pas là plutôt un scénario de fiction ?

Prenons le cas des Amériques et de la Karaïbe. En Amérique du Nord, la plus importante et plus influente organisation d’Afro-Américains est la Nation of Islam (NOI) du Messager d’Allah le Très Honorable Elijah Muhammad, et qui est aujourd’hui dirigée par l’Honorable Ministre Louis Farrakhan. La NOI prône depuis sa fondation jusqu’à aujourd’hui la séparation et souhaite avoir son propre État. Même si elle respecte les lois des pays dans lesquels se trouvent ses membres, l’objectif étant de devenir totalement indépendant. Supposons que cet objectif avait été réalisé à l’époque du Très Honorable Elijah Muhammad, pensez-vous que le nouveau Chef de cet Etat de la NOI aurait été élu au suffrage universel comme un président ? Vous imaginez une seconde un membre de la NOI aller en compétition contre le Messager d’Allah ? C’est tout simplement impossible. Naturellement le Très Honorable Elijah Muhammad aurait été le Chef de cet État de la NOI qui très clairement aurait également été une monarchie. Et c’est le fonctionnement même de la NOI qui le commande. Regardez comment s’est transmis le pouvoir depuis Elijah Muhammad hier jusqu’à Farrakhan aujourd’hui en passant par Shérif Warith Deen Muhammad, septième fils du Très Honorable Elijah Muhammad. Personne n’a élu personne. Et si demain, l’Honorable Ministre Louis Farrakhan devait faire retour vers son Seigneur, qui, pensez-vous, reprendra les rennes de la NOI ? Une personne élue au suffrage universel ? Non certainement pas. Ce sera obligatoirement une dévolution monarchique qui verra monter sur le trône soit un chérif (descendant du Messager d’Allah Elijah Muhammad) et dans ce cas le plus probable serait le Ministre-Assistant Ishmael Muhammad, petit-fils du Très Honorable Elijah Muhammad et actuel Assistant National et Porte-Parole de l’Honorable Ministre Louis Farrakhan; soit un descendant de l’Honorable Ministre Louis Farrakhan et dans ce cas celui qui est en meilleure posture est Mustafa Farrakhan, fils de l’Honorable Ministre Louis Farrakhan et actuel Supreme-Captain de la NOI. La NOI qui dispose de plusieurs ministères (agriculture, éducation, emploi, etc.), dès le début de son histoire a fonctionné sous le mode d’un État avec sa flotte aérienne, son université de l’islam, ses forces de sécurité (FOI), sa banque, ses multiples sociétés enteprises lucratives comme la compagnie d’importation de poisson d’Amerique du Sud, ses centres de santé, ses radios, son journal, ses fermes etc. Et ce fonctionnement intégre pleinement la royauté comme mode de gouvernement.
En Amérique latine, les zones de fortes concentrations d’Afro-descendants versés dans les religions afro-diasporiques comme le candomblé, la santéria ou encore le vaudoun ont une propension, une tendance naturelle au gouvernement royal. Sociologiquement parlant, depuis quelques décennies l’on voit ici et là dans cette Amérique latine négro-africaine des revendications de plus en plus identitaires, autonomistes voire indépendantistes. Pour qui s’est un minimum penché sur ces mouvements religieux afro-diasporiques n’ignore certainement pas les marques de respect voire de dévotion tirant vers la déférence royale envers ses chefs religieux Hugan, Makuba et autres prêtres et prêtresses des loas et des orishas. Dans les communautés comme les Garifunas d’Amerique Centrale (Nicaragua, Bélize, Guatémala, Costa Rica, Honduras) ou les Saramacca (Bushinengués) de Guyane, le maintien d’une organisation traditionnelle accentue encore un peu plus le phénomène. Avec une combinaison rationnelle de ces dynamiques religieuses et identitaires afrocentrées nous nous trouvons dans les conditions d’une restauration du modèle de la société monarchique. Concrètement cela voudrait dire que soit le chef religieux endosse les revendications identitaires, autonomistes, indépendantistes dans un but politique avec le logiciel traditionnelle de la royauté. Ou alors ce serait le leader identitaire qui lui s’approprierait le discours religieux afro-diasporique pour revendiquer une autonomie, une indépendance pour sa communauté dans une vision traditionaliste donc royaliste. Le cas d’Ayiti est tout aussi symptomatique, car depuis la fin de la monarchie le pays ne vit qu’au rythme de l’instabilité politique avec dernièrement une élection présidentielle catastrophique qui a dû être complètement annulée. Même si les ennemis de l’Histoire d’Ayiti aiment présenter ce pays comme la “Première République Noire”, nous, nous savons que c’est complètement faux. Le premier Chef de cet État arraché à l’esclavagisme français d’un Napoléon Bonaparte et ses devanciers, en la personne du Généralissime Jean-Jacques Dessalines n’était pas un Président d’une République mais un Souverain, un Monarque, un Empereur. Suivi en cela par le Roi Henry Christophe et l’Empereur Faustin Soulouque avant que durablement les tenants de la République ne réécrivent l’Histoire de ce Royaume pour le plonger dans le chaos républicain que l’on connaît aujourd’hui. Seul un héritier de cette brillante épopée royale et imperiale peut véritablement redonner sa stabilité et son lustre à Ayiti.

(À suivre)

Delegation du Palais Magistral Zaria-Shabazz a la Justice or Else 2015, Washington DC

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Le Chevalier Abdullah Shabazz (à gauche) Chef de Mission au National Mall de Washington D.C. pour le compte du Palais Magistral Zaria-Shabazz, en compagnie d’Abdul Karim.

Le 10 Octobre 2015, une délégation du Palais Magistral Zaria-Shabazz constituée du Chef de Mission, Sa Noblesse le Chevalier Abdullah Shabazz, et d’Abdul Karim s’est rendue à la cérémonie de “Justice or Else!” qui célèbre l’anniversaire des vingt ans du “One Million March and Day of Atonement” qui s’était tenue le 16 Octobre 1995 à Washington D.C. aux USA.

Ainsi pour cette cérémonie le Palais Magistral Zaria-Shabazz a répondu présent à l’appel de l’Honorable Ministre Louis Farrakhan au National Mall de Washington D.C.

Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz, Chef de la Maison Royal Zaria-Shabazz