La Solarisation de la pensée comme condition de la Ré-Emergence

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Son Excellence l’Honorable Marcus Mosiah Garvey, devancier du Géo-Panafricanisme d’Expansion.

En cette année 2014 finissante, la lecture de deux textes nous ont fortement inspiré dans nos incessantes réflexions : l’un est du penseur français Charles Péguy composé en 1910 et intitulé « Notre jeunesse », et l’autre extrait des « Dialogues avec les Goyims » (édité en 2011) du penseur panafricain contemporain Héry Djéhuty Séchat.
En effet, Charles Péguy dans son remarquable travail réflexif nous propose cette sévère vérité nue dont la crudité nous rappelle sans cesse : « que quand il y a une éclipse, tout le monde est à l’ombre ». Par cette fulgurance l’auteur français alerte tout un chacun sur ce qui, après réflexion, pourrait paraître comme une lapalissade. S’il est vrai que le texte originellement fustige le modernisme qui finalement a eu raison du christianisme devenu socialement et de facto, à ses yeux, non plus « une religion des profondeurs, une religion peuple » mais « une religion de bourgeois, une religion de riches » ; il n’en reste pas moins que cette saillie bien sentie contre le modernisme et le christianisme sans charité peut tout aussi bien s’appliquer à la pensée dynamique africaine qui peine encore à trouver son second souffle, à ouvrir les vannes de l’inspiration divine qui lui était pourtant consubstantielle dans les temps passés.

Le penseur chrétien Péguy de préciser la géographie des victimes de cette éclipse dont l’ombre est si diffuse et si perceptible partout et par tous. Il dit que : « tout ce qui passe dans un âge de l’humanité, par une époque, dans une période, dans une zone, tout ce qui est dans un monde, tout ce qui a été placé dans un monde, tout ce qui a été placé dans une place, dans un temps, dans un monde, tout ce qui est situé dans une certaine situation, temporelle, dans un monde, temporel, en reçoit la teinte, en porte l’ombre ». Ainsi le monde de la pensée dynamique africaine n’échappe pas à « cette éclipse » ni à ses conséquences désastreuses d’où l’obligation pour nous autres scientifiques identifiés et assumés du panafricanisme et plus particulièrement du « géo-panafricanisme d’expansion » encore appelé « doctrine Shabazz » de ne surtout pas accompagner et encore moins alimenter ce que le penseur des bords de la Seine nomme « la dégradation de la mystique politique ».

rising sun africa
La Ré-émergence de l’Empire-Maure-Amexem et de ses neuf secteurs dont le quatrième:Alkébulan et Abzu sous la direction du Goobunar-Général le Noble et Grand Tahéruka-Shabazz:El-Bey

Cette alerte d’il y a 104 ans a manifestement trouvé un écho presque fortuitement dans le témoignage du politologue panafricain Héry Djéhuty Séchat qui écrivait dès 2011 dans ses « Dialogues avec les Goyims » les grandes lignes d’un viatique de la sortie de cette dégradation de la mystique politique si pénible à Charles Péguy et qui mine encore structurellement le lanterneau panafricain:

« En me lançant dans l’activisme politique, j’ambitionnais d’apporter ma pierre au pharaonique chantier de la Renaissance noire. Une noble entreprise de réveil de consciences qui ne peut-être rendu possible sans se pencher un minimum sur la nature des maux qui frappent le monde noir. S’offrent alors à nous deux possibilités : sombrer dans un « victimisme » simpliste et nihiliste en portant l’entière responsabilité de notre faillite sur des agents extérieurs au monde noir. Ou alors, tout en gardant en mémoire les responsabilités des autres races sur notre situation actuelle, faire preuve d’esprit critique et d’honnêteté intellectuelle en remettant pleinement en cause certaines orientations politico-spirituelles prises dans le passé par le leadership noir . Une autre donnée fondamentale nous rapprochant un peu plus de la solution du problème, réside dans notre capacité à comprendre le monde dans lequel nous évoluons. Une exigence qui, pour être pleinement satisfaite, nous interdit de vivre intellectuellement repliés sur nous-mêmes [1] ».

Il s’agit, selon notre auteur panafricain, de radicalement tourner le dos à l’inamovible onanisme intellectuel qui rature toute possibilité de « comprendre le monde dans lequel nous évoluons ». Compréhension qui est, à n’en pas douter une seule seconde, une des conditions sine qua none pour nous extirper de l’ombre de cette éclipse. Mais notre cher politologue panafricain de nous mettre en garde contre les impasses de la Renaissance du monde noir qui, selon lui, vont de pair avec une cécité intellectuelle qui se caractériserait par une déficience voire une absence d’étude étiologique suffisamment poussée des maux du monde noir. Aussi pour palier à cette éventualité, se propose-t-il de se lancer dans un patient travail de débroussaillage intellectuel qui le conduit à identifier deux postures diamétralement opposées : « sombrer dans un « victimisme » simpliste et nihiliste» dont la cause serait le réflexe atavique de ne voir que dans les « agents extérieurs » les causes de notre faillite, ou alors deuxièmement de « faire preuve d’esprit critique et d’honnêteté intellectuelle en remettant pleinement en cause certaines orientations politico-spirituelles prises dans le passé par le leadership noir » sans pour autant négliger le rôle destructeur historiquement reconnu à ces fameux « agents extérieurs ».

C’est dans cette dernière proposition politique que s’épanouit naturellement le « géo-panafricanisme d’expansion », la « doctrine Shabazz » qui ambitionne de réellement et durablement faire ombrage à l’éclipse de la pensée dynamique africaine. Tout en rajoutant à cette critique honnête et mesurée des choix « politico-spirituelle », souvent hasardeux du moins rédhibitoires, opérés par nos devanciers, la proposition systémique et systématique d’alternatives viables, fiables, pérennes et endogènes à même de répondre aux problèmes que nous rencontrons et rencontrerons sous nos latitudes. Ainsi se justifient pleinement nos interrogations sur la pertinence des concepts occidentaux de « démocratie, de keynésianisme, d’écologie malthusianisante voire malthusianiste, d’intégrisme électoraliste, de présidentialisme chevronné, de républicanisme laïcard, de romanisme religieux et juridique, de trotskisme islamiste, d’animisme maçonnisante et maçonnique, de libéralisme fabiennisante des mœurs, etc. ». Le (re)nouveau (du) paradigme Shabazz examine avec minutie et la plus grande attention toutes ces conceptions importées en les passant au crible, à l’IRM voire à l’endoscopie intellectuelle du « géo-panafricanisme d’expansion ».

Les premiers résultats sont déjà très probants puisque d’emblée ils disqualifient les trois quarts de ces pratiques, approches et démarches politico-spirituelles pour laisser place à des supra-structures plus en adéquation avec l’éthos et l’habitus africain, d’où notre défense sans relâche de la royauté africaine, des Églises (dans le sens générique du terme) endogènes africaines, de la promotion des plateformes psycho-socio-économiques héritières des civilisations du monde noir (dans son sens géographique large), d’une conception traditionnelle de la famille, de la Nation et des catégories sociales, etc.

En définitive, nous disons que les ténèbres intellectuelles ne peuvent être chassées que par la solarisation (dans le sens iounite du terme) de la pensée, par la dynamisation (khépérisation) de cette dernière. C’est à ce prix là que la Ré-émergence (sortie à la lumière du jour ?) sera pensable et possible.

[1] Héry Djéhuty Séchat, Dialogues avec les Goyims, pp. 13-14, Mélanine Prod, Paris, 2011, 209 pages

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

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