Rôle des officiers du Cabinet Magistral, du Conseil Privé et du Corps Diplomatique du Sultanat de Zaria-Shabazz

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Armoiries du Sultanat de Zaria-Shabazz

En attendant la publication des udyu néby (décrets magistraux) et des circulaires du Secrétariat Général de l’Ipet Nésut portant sur la constitution des offices de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz, du Cabinet Magistral Zaria-Shabazz et du Conseil Privé, sur la nomination de leurs membres, sur la création de l’Agence de Presse Zaria-Shabazz et sur la nouvelle carte diplomatique du Sultanat de Zaria-Shabazz; le Bureau de Presse de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz porte à la connaissance du public les grandes lignes de ces udyu néby et autres circulaires ministériels. Il s’agit ici de la présentation succincte des différents offices et officiers du Sultanat de Zaria-Shabazz.

 

Les officiers

Le Lieutenant-Général du Sultanat de Zaria-Shabazz : assure l’intérim sur le Trône de Geb en l’absence du Sekhem-Bawantua lors de situations exceptionnelles.

Le Dyéret-Nésut : assume les charges de Chancelier du Cabinet Magistral, de Ministre des Affaires Etrangères et de Garde des Sceaux Magistraux.

Le Makhdum du Sultanat : assume les charges de Grand-Scholastique (Ministre de l’Education), de Ministre de la Culture et de Ministre de la Recherche Scientifique.

La Représentante Spéciale pour le Commerce Extérieur : supervise l’exportation du beurre de karité, du poisson salé, des fruits et légumes et des textiles du Sultanat de Zaria-Shabazz.

Le Conseiller Spécial pour le Renseignement : apporte son expérience en matière de renseignement et de sécurité en conseillant le Souverain.

L’Aide de Camp du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz : a en charge le protocolat particulier du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

La Calame du Sekhem-Bawantua du Sultanat : rédige les courriers confidentiels du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz, sert d’interface entre le Souverain et le Dyéret-Nésut et exécute des missions secrètes pour le compte du Souverain.

La Directrice du Bureau de Presse de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz : gère la communication officielle de l’Ipet-Nésut ainsi que l’Agence de Presse Zariate-Shabazz (APZS).

Le Directeur des Archives et de la Bibliothèque Royale : conserve tous les documents officiels de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz (sauf les traités) et administre la bibliothèque royale.
L’Ambassadeur Plénipotentiaire du Sultanat de Zaria-Shabazz : représente diplomatiquement à l’étranger Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

Le Secrétaire Particulier du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz : anime les plateformes en ligne de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz et répond aux courriers de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz.

 

Les offices de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz

Intendance de l’Ipet-Nésut : s’occupe de la gestion des stocks alimentaires, des activités agro-pastorales de l’Ipet-Nésut, de l’entretien du domaine de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz ainsi que de ses biens mobiliers et immobiliers.

 
Bureau de Presse de l’Ipet-Nésut : se charge de la gestion du blog officiel de l’Ipet-Nésut et de la direction de l’Agence de Presse Zariate-Shabazz (APZS).

 
Gouvernorat Militaire de l’Ipet-Nésut : assure la sécurité des biens et des personnes de l’Ipet-Nésut. Cette sécurisation de l’Ipet Nésut revient de juré à l’Ordre Militaire et Hospitalier Shabazz et son Grand-Maître qui ont en charge également la gestion des établissements hospitaliers de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz.

 
Secrétariat Particulier de l’Ipet-Nésut : anime les plateformes en ligne de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz et répond aux courriers du Palais.

 
Association de Soutien aux Œuvres Royales (ASOR) : apporte un soutien moral et social aux populations démunies, meurtries, souffrantes et dans le besoin pour le compte de l’Ipet-Nésut Zaria-Shabazz.

 
Agence des Services d’Urgence (ASU) du Sultanat de Zaria-Shabazz : intervient dans les situations de crise, de catastrophes naturelles, de menaces, de dangers afin de sécuriser, secourir, protéger les biens et les populations et restaurer la paix.

 
Cour de Justice : rend la justice au nom du Souverain selon les lois en vigueur dans le Sultanat de Zaria-Shabazz.

 

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

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Travail et détente au bord du fleuve Oubangui

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Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz, avec le Coordonateur-Général du MJCR

C’est seulement à partir du 20 Septembre 2016 que les travaux du Cabinet Magistral Zaria-Shabazz reprendront. Après que les derniers ajustements aient été effectués. En attendant, c’est l’infatigable travail muet de terrain. Ici sur les bords du fleuve Oubangui, entre la RDC et la RCA.

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

Production exceptionnelle de carottes dans le Nagarat d’Al-Sabara

Quelques nouvelles en images de la dernière production de carotte dans le Nagarat d’Al-Sabara (Sultanat Al-Manja-Zaria:Wa:Shabazz, District d’Al-Sabara, Region d’Anzicana de l’Empire-Maure-Amexem).

Sa Majesté Magistrale le Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz, Tahéruka Shabazz sur ses terres du Nagarat d'Al-Sabara.
Sa Majesté Magistrale le Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz, Tahéruka Shabazz sur ses terres du Nagarat d’Al-Sabara.

Le terrain se trouve au pied des collines bénéficiant ainsi de l’accumulation d’humus qui dévale tout le long des montagnes. Depuis une dizaine d’année le terrain était laissé en jachère. Nous avons commencé avec des travailleurs temporaires qui nous ont défriché deux (2) hectares pour exploitation. 1022Tout le travail est fait à la main, nous n’avons pas encore de grosse machine pour la mécanisation de la production.

 

 

Mais les choses se passent dans la bonne humeur. Pour cette première étape, nous avons employé une dizaine de bras pour accélérer le travail, étant donné que nous avons lancer les activités pendant la période des pluies.

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Une partie de l’équipe en pause (photo).

Après le défrichage vient le labour qui est une activité tout aussi physique et harassante.

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Inspection des débuts de travaux de canalisation

Étant donné la situation géographique du terrain il nous fallait construire un système de canal pour l’évacuation des eaux. Dans le même temps; nous devons aussi construire points de rétention d’eau pour l’arrosage, car le début des semis tombe à la saison de Buru (saison sèche) où il devient très difficile de trouver de l’eau.

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Un des six (6) bassins remplis à ras bord après une pluie diluvienne. Ici les membres de l’équipe de la campagne avec le vieux Étienne, notre consultant ingénieur-agronome.
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Pause photo de Pésa qui confectionne les planches pour la production de carotte.
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L’équipe d’active pour niveler les planches et tirer la corde pour la traçage des sillons.
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Traçage des sillons avant le semi-direct

Ainsi nous profitons des dernières pluies de la saison pluvieuse pour remplir nos bassins secondaires. Pour ces travaux, une fois de plus c’est à base de pioches et de pelles que nous nous sommes lancés dans la “bataille”. Mais il y a beaucoup de jeunes vaillants qui n’ont pas peur du travail difficile. C’est un peu la course contre la montre entre la pluie et nous. Donc dès que celle-ci nous laisse un répit, nous en profitons pour avancer dans les travaux, notamment dans la lever des planches sur lesquelles nous devons semer les carottes. Pour ce faire, nous avons fait recours au service de quelques maraichers du coin, dont Pésa, qui maîtrisent parfaitement ce travail. Après un mois de préparatifs, nous sommes enfin prêts pour le semi. La carotte est planté en semi-direct, donc pas besoin de faire des pépinières. Pour couvrir l’hectare consacré à cette première expérimentation nous avons un peu grossis les rangs pour ensemencer tout le terrain. Les planches mesurant 1,20m en largeur pour une longueur variant entre 70m et 100m (en fonction des accidents géographiques), nous traçons alors cinq (5) sillons par planche pour le semi. Pour s’assurer que les sillons sont droits nous utilisons des cordes.

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L’un de nos techniciens agricoles auscultant les carottes pour s’assurer de leur bonne santé. Nous pouvons voir dans l’allée le tuyau d’arrosage servant à l’irrigation du terrain.
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Carottes en pleine croissance

La levée des carottes est très rapide. En une semaine on commence déjà à voir sortir de terre les premières feuilles. Au bout d’un mois c’est tout le terrain qui prend la couleur des feuilles. Il s’agit alors de biner, de sarcler, de démarier, d’arroser, de traiter contre les maladies et/ou les agressions des insectes qui pullulent dans et sur une terre aussi fertile. La dernière phase, c’est celle de la récolte soit 90 jours après le semi. Le travail sérieux paie, du coup nous nous retrouvons avec des carottes de très grande qualité, au goût savoureux, très colorées et de grande taille.

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Carottes issues du Nagarat d’Al-Sabara
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Carotte 100%, sans OGM, 100% naturelle…
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la récolte est bonne….30 tonnes de produites…Ce n’était qu’un test.

Après ce coup d’essai réussi, nous nous préparons à une plus grande production sur une superficie plus importante. Et nous comptons aussi diversifier l’activité en cultivant également des céréales en plus des produits maraîchers

Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

De Morudakar à Marrakech…

Presque deux (2) ans maintenant que nous avons quitté Morudakar (District de Zénaga, Région de Morabutin, Secteur 4 de l’Empire-Maure-Amexem) pour retourner sur nos terres dans le Sultanat de Zaria-Shabazz. Quelques images de notre escale à Marrakech.

Nous avons d’abord fait escale au Royaume du Maroc.

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Vu du hublot du tarmac de l’aéroport international Mohamed V de Marrakech

Une attente de quelques heures à Marrakech

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz à l'aéroport Muhammad V de Casablanca
Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz à l’aéroport Muhammad V de Casablanca

Un tour dans la salle de prière pour la salat et quelques douas pour que le voyage se passe bien

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Salle de prière de l’aéroport Mohamed V

Enfin, retour dans l’avion direction Douala

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Départ pour le voyage Marrakech-Douala

A suivre…..

Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

Restructuration du Cabinet de Sa Majesté Magistrale

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Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz, le Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz

Le Bureau de Presse de l’Ipet-Nesut Zaria-Shabazz informe des dernières consolidations du Cabinet Magistral:

Son Excellence le Dyeret-Nesut, Kheperu Pangu Shabazz, est confirmé à la tête du Cabinet Magistral Zaria-Shabazz.

Son Excellence le Makhdum du Sultanat de Zaria-Shabazz, Ani’oto Shabazz, est confirmé dans sa fonction ministérielle à la tête du Département de l’Education, de la Culture et de la Recherche Scientifique. Par ailleurs, il continue de diriger la Maison d’Édition EMS Publications.

Son Altesse l’Amiri Skaro Shabazz est nommé Lieutenant-Général du Sultanat de Zaria-Shabazz et promu au grade de Master-Captain de l’Agence des Services d’Urgence (ASU) du Sultanat de Zaria-Shabazz. Il a également la tâche de veiller à la bonne éducation de Son Altesse l’Amiri-Wali Emma de Zaria-Shabazz en tant que tuteur.

Zié Traoré est nommé Secrétaire Particulier du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz. Il est anobli et créé Djédy de Menkaura.

Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

Dernières décisions du Palais-Magistral Zaria-Shabazz

Dernières décisions du Palais-Magistral Zaria-Shabazz

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Le Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz
  • Le Palais Magistral Zaria-Shabazz est renommé Ipet-Nésut Zaria-Shabazz
  • L’Office de Chancelier est renommé Dyéret Nésut
  • Sa Haute-Noblesse le Niuty Lusulu Lodi Ossembé réintègre pleinement ses droits et prérogatives et est élevé au grade de Chief-Général de l’Agence des Services d’Urgence (ASU) du Sultanat de Zaria-Shabazz. Il est promu Aide de Camp du Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz et Conseiller Spécial en matière de renseignement.

Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Chef de la Maison Royale Zaria-Shabazz

(SUITE) Entretien avec le Chef de la Maison Royale Zaria-SHhabazz, Sa Majesté Magistrale Tahéruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz.

La suite de l’entretien de Sa Majesté Magistrale Taheruka Shabazz, Sekhem-Bawantua du Sultanat de Zaria-Shabazz

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Interview de Sa Majesté Magistrale, à bâton rompu avec la presse.

GPMZS: Quid de l’Asie et de l’Europe. Est-ce raisonnable de penser que demain puisse exister des revendications d’ordre royaliste parmi les Noirs d’Europe ?

SMMTH: Pour l’Asie, la question de la royauté est heureusement d’actualité malgré les féroces attaques coloniales incessantes du siècle passé dont un des buts avoués était de déposer les têtes couronnées de ce vaste continent du peuple originel. Ainsi voyons-nous encore des monarchies vivantes comme au Brunei, au Cambodge, au Népal, au Bouthan, en Thaïlande, au Japon, etc. Et même dans des pays acquis à la démocratie, à la république comme l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, etc. existent encore des provinces autonomes avec à leurs têtes des Rois. Le mouvement de restauration royale est en bonne voie de ce côté-ci du monde originel. Dernièrement, Sa Haute Noblesse l’Askia Ani’oto Shabazz, Mokonzi de Fort-Méroe, partageait avec Nous un article du chercheur Anda Djoehana Wiradikarta sur le processus de restauration des monarchies en Indonésie. Un article vraiment très intéressant et enrichissant que je ne peux que vous recommander.
Pour l’Europe, laissez-moi vous dire que contrairement à ce que pense la majorité des gens, la question de la royauté des communautés africaines est plus que d’actualité. J’ai souvenir d’une analyse du polémiste français Éric Zemmour qui s’appuyait sur les travaux de la démographe française Michèle Tribalat, directrice de recherche à l’INED (Institut National d’Etudes Démographique), et qui disait que la France n’était pas à l’abri d’une montée sécessionniste dans les zones à forte concentration d’immigrés d’origine afro-musulmane. Il prenait l’exemple du département de la Seine Saint-Denis qui selon lui pourrait dans un avenir plus ou moins proche proclamer un Émirat Islamique indépendant contre l’Etat central jacobin français. Un peu comme les Vendéens l’avaient tenté après la sinistre révolution française de 1789 du calendrier romain. L’auteur à succès Michel Houelbecq dans son dernier ouvrage, qui lui valut le prix Goncourt, imagine une future élection présidentielle en France qui serait gagnée au second tour par un candidat musulman du fait de la démographie et de la progression des idées islamiques, royauté y compris (Émirat, Califat), en Europe et en France en particulier.
Alors oui je suis d’accord que les Noirs en Europe et en particulier en France ne sont pas du tout dans une optique royale et ne sont même pas organisés dans une solide organisation unitaire. Mais depuis le début des années 301600, il y a une vague identitaire menée par un courant dynamique, ou du moins qui fut dynamique, qu’est celui des afrocentristes. Un courant dont l’objectif est le retour civilisationnel à nos modèles ancestraux, à nos humanités classiques africaines. Seulement leur réflexion s’est arrêtée au seul volet culturel et depuis près d’une dizaine d’années elle est embrumée par des débats stériles sur la religion. Certains tentent de créer des communautés économiques pour soutenir les activités culturelles et cultuelles. Tout ça est très bien, mais ils passent à côté de l’essentiel, de la vraie question qui est d’ordre politique. Pourquoi ne veulent-ils pas aller jusqu’au bout de la logique afrocentriste qui commande un leadership politique, une unité derrière un leader, une autorité ? À partir du moment que cela sera fait, le succès viendra de lui-même.

GPMZS: Mais alors qui ? À qui pensez-vous ?

SMMTH: Dans la galaxie afrocentriste vous avez des personnalités qui ont une autorité naturelle et qui font aussi bien consensus que l’unanimité. Je pense notamment à quelqu’un comme Doumbi Fakoly ou même Ama Mazama. Beaucoup de gens se groupent autour d’eux. Ils sont de facto les chefs de leur communauté, mais je ne comprends pas ce qui les empêche de franchir le pas pour les élever en dignité ? De faire par exemple de Doumbi Fakoly le Roi, le Fara de la communauté afrocentriste d’Europe ? De quoi ont-ils peur ? En vérité s’ils allaient jusqu’au bout de cette réflexion politique en le proclamant, lui ou un autre, Fara de leur communauté les choses iraient beaucoup plus vite pour eux. Le nouveau Fara pourrait alors constituer son Conseil (Gouvernement) pour mieux coordonner la communauté, ses activités culturelles, cultuelles, économiques, pédagogiques, etc. Ils ont eu le courage de le faire au niveau académique en élevant le Shemsou Ma’at Grégoire Biyogo au statut de savant des savants, lauréat du Prix Cheikh Anta Diop, en somme le Fara de la pensée afrocentrique. Il ne leurs reste plus qu’à franchir le pas au niveau politique. Pourtant, il y a des exemples, nous l’avons vu aux USA avec Silis Muhammad qui avait fait scission avec la NOI quand le chérif Warith Deen Muhammad en a pris les rennes et qui a fini par se ranger et reconnaître l’autorité de l’Honorable Ministre Louis Farrakhan comme seul Khalife de la NOI. En effet, son épouse Misshakee Muhammad a fini par être proclamée et couronnée Reine de la Nation Afro-descendante. Et même du temps de l’éphémère Tribu KA, nous avions un Fara en la personne de Kémi Séba. Il n’a été ni élu, ni contesté mais naturellement reconnu pour ce qu’il était. Et tout un chacun prenant sa place soit dans l’administration de la Tribu KA, soit en tant qu’élément de l’ensemble, ce qui nous a permis d’avancer dans notre combat. Alors il ne s’agit pas de redonner vie à la Tribu KA, loin de là, étant donné que les buts ne sont pas les mêmes, la vision non plus n’est pas la même, mais plutôt de rependre ce qui est positif et vivant pour soutenir la cause de la communauté. Et en ce sens l’organisation monarchique est un outil essentiel, vital. En adoptant cette approche cela permettra de jeter les bases de relations diplomatiques avec des Royaumes d’Afrique comme le Sultanat de Zaria-Shabazz dont le souverain est conscient de l’enjeu historique du retour à nos fondamentaux ancestraux.
La majorité de nos Rois en Afrique n’ont plus cette vision, il suffit de voir dans les pays comme le Nigeria, l’Ouganda, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Cameroun, le Congo Démocratique, etc., ce à quoi jouent les Chefs des Maisons Royales Traditionnelles. D’ailleurs à ce titre je conseille tout particulièrement de consulter le livre collectif sorti en 2003 aux éditions Khartala, “Le retour des rois. Les autorités traditionnelles et l’État en Afrique contemporaine”. Nombre de ces Rois traditionnel monnaient le plus souvent leur position pour des miettes politiques lors des élections. Voilà ce à quoi nous en sommes réduits aujourd’hui, c’est triste. Ces royautés ancestrales sont aujourd’hui le plus souvent utilisé comme tremplin politique, économique ou académique. Ça fait bien sur le CV. Rappelons-nous le combat qui a opposé, il y a deux ans de cela, le Prince Aminu Ado Bayero et Sanusi Lamido Sanusi l’ancien gouverneur de la banque centrale nigeriane pour devenir Émir de Kano à la suite du décès du défunt Émir, Ado Abdullah Bayero après un long règne de cinquante et un ans. De violents combats ont eu lieu entre les partisans de ces deux prétendants qui en fait étaient respectivement soutenus par les partis politiques de l’APC du Président Goodluck et du PDP du Général Buhari.
En tous les cas, en assumant cette option politique les afrocentristes pourraient nouer des liens diplomatiques avec forces royaumes africains et afro-diasporiques, comme les Maisons Royales et Impériales d’Ayiti, la Maison Impériale Mugin de l’Empire-Maure-Amexem, la Maison Royale de Madagascar, la Maison Royale du Lado, la Maison Royale du Burundi, etc.; et tout cela pour l’avancement de tous. Car ainsi nous pourrions mutualiser nos points forts. Ce sera l’occasion même pour eux de pouvoir intégrer la plateforme africaine qui rassemble les Rois et Chefs Traditionnels que feu Le Guide Muammar al-Gaddhafi avait mis en place et qui est dirigée par Sa Majesté Chiffie-Zie, le Roi des Bétés. Les francs-maçons ont mis en place leur système de gouvernance, et quand un franc-maçon français a besoin d’argent il va en Afrique voir son frère de loge réciproquement quand ce dernier a besoin d’un service il accourt vers son frère de loge en France pour demander son aide. Ils font prospérer ainsi leur cause à nos dépends. Les criminels internationaux et terroristes font de même. Est-ce que nous qui sommes “conscients” serions les seuls dindons de la farce qui ne comprendraient rien et qui refuseraient les outils que les ancêtres nous ont légué pour nous fortifier ? Ce serait absolument aberrant.

GPMZS: C’est un peu une sorte de bouteille à la mer que Vous lancez là en direction de toutes les communautés africaines diasporiques, mais justement profitons de ces rappels historiques pour revenir un instant sur votre parcours depuis votre émergence publique, il y a près de quinze ans de cela. Du temps où Vous étiez membre actif et cadre du Parti Kémite (PK) dirigé alors par Kémi Séba, l’on ne voyait pas transparaître chez Vous ce tropisme royaliste que Vous soutenez aujourd’hui. Et même dans les autres organisations que par la suite Vous aviez co-fondé et animé en tant que membre actif et cadre (Tribu KA, GKS, MDI, etc.), nous ne percevons pas cette option politique.

SMMTH: C’est vrai qu’à première vue ce n’est pas ce qui est le plus flagrant quand on jette un regard rétrospectif. D’ailleurs si vous me le permettez, disons qu’en cet instant nous commémorons quasiment jour pour jour les dix ans de la descente de la Tribu KA à la rue des Rosiers qui avait fait tant de tapage médiatique et provoquer un émoi nationale au sein de toute la classe politique française. Comme quoi le temps passe vite. Mais à y regarder de plus près on est amené à nuancer un peu plus ce jugement sur la non perception de l’option royaliste, du moins monarchique, dans nos mouvements militants successifs de l’époque. Car même les autorités françaises et les travaux universitaires comme ceux de Stéphane François, Damien Guillaume, Emmanuel Kreis ou encore Pierre-André Taguieff reconnaissent, dans les rapports et publications nous concernant, le fonctionnement monarchique de ces différentes organisations avec à leurs têtes un Chef et un Conseil (Administration). Et ce Chef appelé Fara n’a pas été élu au suffrage universel ou choisi lors d’une assemblée générale constitutiante ou élective. Il s’est tout naturellement imposé. Mais je comprends aussi pourquoi l’on ne perçoit pas de première abord ce tropisme royaliste dans ce parcours en France. Il faut savoir que dès le début de mon émergence sur la scène publique j’avais élaborer une méthodologie enseignée au sein de la Per-Ankh et qui se présentait comme suit: Néma-Kéma-khépéra. Néma c’est déconstruire, dénoncer. Kéma c’est construire, élaborer, planifier. Et Khépéra c’est transformer, appliquer, mettre en œuvre, réaliser. Le discours comme les agissements à cette époque étaient de circonstance car nous étions dans l’étape du Néma, donc de la dénonciation. Il s’agissait pour nous de dénoncer les mensonges sur notre Histoire, notre culture, notre héritage; de dénoncer la mainmise de certaines communautés contre la nôtre; de dénoncer les pesanteurs internes comme externes qui nous tiraient vers le bas. Alors évidemment dans le Néma il y a forcément une petite dose de Kéma et de Khépéra, c’est pour ça que l’on perçoit ici et là quelques soupçons de la pensée et de la praxis royaliste dans notre parcours en France. À partir de l’an 301614, j’ai plus mis l’accent sur le Kéma, donc l’énonciation, en commençant un travail intellectuel d’explication, d’élaboration, de pédagogie. C’est tout le sens de mon travail sur le monde négro-arabe que certains comme feu Jean-Pierre Kaya (paix à son âme) n’ont pas bien compris, m’accusant à tort de vouloir islamiser et/où d’arabiser l’Afrique, là où en vérité pour moi il s’agissait de réafricaniser le monde arabe et l’islam. Il s’agissait pour moi de réappropriation d’un héritage volé, détourné, dérobé qui est notre, celui des civilisations maure, négro-arabe du moyen-age : Califats Rachidoun, Omeyyade, Abbaside, Fatimide, Omeyyade de Cordoue, Al-Mourabitoun, Al-Mouahidoun, Émirat de Grenade, etc. Toutes ces grandes civilisations appartiennent historiquement, anthropologiquement, culturellement et éternellement au monde noir. Et il était important de le signaler, de le relever, de l’enseigner afin de nous en inspirer pour nos propres expériences politiques, économiques et culturelles à venir. Ces civilisations négro-africaines du Moyen-Age sont un trait d’union entre Kemet qui est lointain et les royaumes modernes précoloniaux. Et là aussi dans cette étape de Kéma, donc d’énonciation et non plus de dénonciation, dans laquelle nous nous trouvons actuellement il y a forcément une dose de Khépéra, donc de réalisation, de praxis, de mise en application de nos élaborations et planifications intellectuelles. Nous avons au maximum encore trois ans avant de définitivement basculer de plein pied dans l’étape de Khépéra pour clôturer un cycle préparatoire d’environ vingt ans. Vingt ans pour être enfin suffisamment outillés pour transformer notre géographie et par conséquent notre histoire. C’est à la fois court et long, question de point de vue.

GPMZS: Vous disiez précédemment avoir mis en place un système psycho-socio-économique. En quoi cela consiste-t-il? Sur quoi se fonde le socle économique du Sultanat de Zaria-Shabazz ?

SMMTH: Le Sultanat de Zaria-Shabazz a hérité de l’Empire-Maure-Amexem son hyperstructure psycho-socio-économique avec ses dispositifs, ses procédures, ses codes et ses normes établis par le ministère du trésor et du budget, par celui des douanes, et par le département de l’énergie et de l’industrie du ministère de l’intérieur. Aussi pour réguler et fluidifier nos échanges commerciaux a été mise en circulation une monnaie métallique constituée d’argent pur à 99%: l’ujamaa-silver (1 oz, 1/2 oz, 1/4 oz) que nous avons adopté. Ça c’est pour le contenant de cette économie. Pour le contenu, donc la production, il faut savoir que nous n’avons pas encore eu la possibilité, depuis notre retour sur nos terres, de nous rendre dans la Cité-Capitale de Firdaws-Niutallah dont l’accès à été rendu inaccessible du fait de l’insécurité permanente qui règne dans le coin depuis ces trois dernières années. Du coup c’est essentiellement sur nos terres du Nagarat (Comté) d’Al-Sabara que se concentrent nos activités agricoles. La première année d’exercice, qui était pour nous un test, nous a permis de produire près de 30 tonnes de carottes devenant de facto les premiers producteurs et fournisseurs de carottes de la région de Bangui. Prouesse qui a attirée l’attention des autorités politiques centrafricaines de la Transition qui nous ont invités à participer au premier Forum pour la Promotion du Secteur Privé en RCA. Notre démarche entrepreneuriale à également touchée le patronat centrafricain qui n’a pas hésité à nous donner un coup de pouce financier pour soutenir notre production. Tout cela est tombé dans les oreilles d’une grande télévision française, en l’occurrence Canal+ qui est venu sur nos terres pour tourner un documentaire sur nous dans le cadre de son émission “Réussite”.
Et nous nous démenons pour augmenter, à la fois, la production et la productivité en mécanisant davantage, en introduisant de nouvelles semences et de nouvelles techniques d’exploitation agricole. Nous cherchons également à gagner de nouveaux marchés d’écoulement de nos produits. D’ailleurs actuellement deux sociétés industrielles, l’une locale faisant dans l’huilerie et les savons, l’autre l’internationale faisant dans la grande distribution de produits exotiques pour le marché de l’UE, sont en pourparlers avec nous. Il s’agit par exemple de 30.000 tonnes annuelles de maïs, au moins autant de sésame sans compter les avocats et mangues de nos vergers. À l’heure actuelle c’est vraiment un marché colossal qui dépasse nos capacités logistiques. Nous avons besoin d’élargir notre surface financière pour répondre convenablement à cette demande importante. D’où le fait de notre participation à des discussions avec la Banque Mondiale pour nous permettre d’accéder à certains programmes donnant lieu à des lignes de crédits et à un renforcement de nos capacités. Quoiqu’il en soit les perspectives pour nous sont bonnes malgré les grandes difficultés conjoncturelles et structurelles auxquelles nous devons faire face.

GPMZS: Votre Majesté, merci pour tout.Vos réponses ont été l’occasion pour nous de mieux appréhender les fondements de la royauté Zariate-Shabazz. À nouveau merci d’avoir bien voulu accepté notre invitation. Mais Sa Majesté aurait-elle un dernier mot à dire aux lecteurs et lectrices de la Gazette du Palais Magistral Zaria-Shabazz ?

SMMTH: Encore une fois je tiens à vous remercier du fond du coeur pour cette opportunité qui m’a été offerte de m’exprimer dans vos colonnes. Mais si j’avais juste un dernier message à transmettre ce serait d’inviter tout à chacun à méditer la proposition du Messager d’Allah, le Très Honorable Elijah Muhammad, quand il nous dit “Accept your own” [Acceptez ce qui est votre].

GPMZS: Nous Vous remercions.

Ici vous avez accès à la vie de l'Ipet-Nésut Zaria-Shabazz.